Le 1er  Escadron , qui participe aussi à la mission opérationnel du régiment au niveau du traitement du renseignement, a pour mission de former les spécialistes de la recherche aéroportée du régiment.
Il faut savoir que depuis des dizaines d'années le régiment fonctionne comme une école et assure lui-même la formation de ses éléments, du capteur (équipier sur le terrain) au chef d'équipe, en passant par l'adjoint chef d'équipe, le transmetteur, jusqu'à l'analyse capable d'exploiter le renseignement et de produire un dossier d'objectif. Chacun des mille soldats du régiment reçoit une formation spéciale pendant une vingtaine de mois qui le rend pleinement opérationnel. Au menu : tests psychologiques, apprentissage de langues étrangères, initiation à la photo, mise dans des conditions extrêmes et, bien sûr, maîtrise des techniques d'infiltration et de camouflage. Car les "dragons" du 13e doivent avant tout être des soldats furtifs, des paras invisibles, tantôt couleur sous-bois, tantôt transformés en rochers dans une rivière.

A ce titre il assure la formation des chefs de cellule radio ou d'observation sélectionnés parmi les sous-officiers et brigadiers-chefs pour présenter le brevet spécialisé de l'armée de terre (BSAT) mais forme aussi des futur équipiers de recherche qui suivent les filières de radio en équipe de recherche (RER) et observateur professionnel en équipe de recherche(OPER).

Le 1er  Escadron instruit aussi les personnels du régiment en renseignement, en langue (anglais) et enseigne les bases de la photographie

L'inscription qui est écrite sur l'insigne de l'escadron est : "PRO SECOR + E PERICULUM"

Le 13 évolue en permanence. Obtenir du renseignement sur des terrains et des objectifs variés exige la maîtrise de nombreux savoir-faire. L'utilisation d'appareils vidéo, photo ou audio, de moyens de transmissions ultramodernes ou d'armes de précision dernier cri crée un besoin permanent de formations. "Certains équipements sont acquis pour les besoins d'une seule mission", précise le capitaine Laurent Soler, qui commande l'escadron d'instruction. Les formations sont délivrées à la carte. Elles s'inscrivent presque toujours dans la préparation d'une mission et, au retour, chaque soldat est débriefé.

Si la formation est évolutive, il existe néanmoins un tronc commun: la formation initiale d'équipier de recherche ou de chef d'équipe. Les officiers affectés à Dieuze possèdent une formation militaire de base qu'ils ont reçue dans les écoles de l'armée de terre. Ils la complètent en suivant le stage de chef d'équipe, qui dure cinq mois. Pour les militaires du rang, la formation s'étale sur près de 16 mois.

L'instruction comprend un volet transmission, avec l'apprentissage des procédures radio-opérationnelles et le formatage des messages chiffrés. L'identification (l'étude et la reconnaissance des matériels, véhicules et armement équipant les différentes armées dans le monde) est également approfondie. Ces deux domaines représentent une somme considérable de données à maîtriser parfaitement. Mais la phase la plus sélective se déroule sur le terrain. Isolés et lourdement chargés, souvent privés de sommeil et sous alimentés, les hommes du 13 doivent pouvoir conserver l'acuité du jugement dans un environnement difficile.

Le 1er  Escadron est "l'académie de la recherche humaine". La place accordée à l'instruction est considérable, elle mobilise, en permanence, le tiers des effectifs. Pour le colonel Liot de Nortbecourt, cet investissement financier et humain se justifie par une réalité simple: "Le savoir-faire acquis ici ne s'inscrit pas dans la préparation d'une hypothétique guerre. Pour une nation comme la nôtre, besoin en renseignement est permanent. Nous sommes quotidiennement confrontés à la réalité opérationnelle avec une obligation de résultat."